Près de deux personnes sur trois qui apprennent à accompagner les autres vivent le syndrome de l’imposteur de façon fréquente ou intense.

C’est ce qu’a mesuré une étude publiée en 2026 auprès de 281 étudiants américains en counseling.

Je l’entends aussi très souvent quand je rencontre des personnes intéressées à notre formation, et pas seulement chez celles qui débutent. Plusieurs me confient qu’elles vivent le syndrome de l’imposteur, et que c’est justement pour ça que notre approche les attire. En hypnose spirituelle, le praticien ne donne pas de conseils : il aide la personne à se connecter à une Intelligence sage en elle. Ce qui les rassure, me disent-elles, c’est de ne plus craindre de se tromper avec un conseil qui ne serait pas juste, ni de nuire à la personne.

Par Jean-Charles Chabot, président-fondateur de l’Institut international d’hypnose spirituelle, qui forme des praticiens en hypnose spirituelle depuis 2011.

Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?

Le syndrome de l’imposteur est le sentiment persistant de ne pas mériter sa réussite, accompagné de la peur d’être un jour « démasqué ». Ce n’est ni une maladie ni un diagnostic.

Le mot « syndrome » fait peur, mais les deux psychologues qui l’ont décrit en 1978, Pauline Rose Clance et Suzanne Imes, parlaient plutôt d’un phénomène. Elles l’avaient observé chez des femmes très accomplies qui, malgré leurs diplômes et leurs résultats, restaient convaincues d’avoir trompé leur entourage.

Le sentiment d’imposteur n’empêche pas de réussir. Il empêche de croire à sa propre réussite.

Quels sont les signes du syndrome de l’imposteur ?

On le reconnaît surtout à une façon d’expliquer ses réussites : par la chance, l’effort ou la gentillesse des autres, jamais par sa compétence.

Chez une personne qui accompagne, ça peut ressembler à ceci :

  • attribuer une belle séance au hasard, et une séance difficile à son incompétence;
  • balayer les remerciements, ou croire que la personne est simplement polie;
  • se préparer à l’excès, ou au contraire repousser le moment de commencer à pratiquer;
  • craindre qu’une seule séance difficile révèle enfin qu’on n’est « pas à la hauteur »;
  • suivre formation après formation sans jamais se sentir prêt.

Est-ce fréquent ? Ce que dit la recherche

Oui, très. Le syndrome de l’imposteur touche une grande partie de la population, et encore plus les personnes qui apprennent à accompagner les autres.

2 sur 3
étudiants en relation d’aide le vivent de façon fréquente ou intense
Clarke, Hartley et Guida, 2026 · 281 étudiants américains
32 %
des Français le ressentent de façon régulière à intense
Sondage Odoxa, juin 2025
83 %
des Français en ont au moins des signes modérés
Sondage Odoxa, juin 2025

Combien de personnes le vivent exactement ? On ne le sait pas avec précision. Une revue de 62 études publiée en 2020 a trouvé des estimations allant de 9 % à 82 %, selon l’outil de mesure utilisé (Bravata et coll.). Les études s’entendent toutefois sur un point : c’est très répandu.

Une précision : les études citées dans cet article portent sur des conseillers, des psychothérapeutes, des médecins et le grand public, pas sur des praticiens en hypnose. Je les transpose parce que le métier d’accompagner l’autre pose les mêmes défis.

Une praticienne tient doucement la main d'une personne pendant une séance

Derrière le doute, il y a souvent quelque chose de noble

J’ai toujours remarqué qu’on retrouve surtout ce doute chez les personnes pour qui c’est très important de ne pas nuire. La recherche va dans le même sens. En 2022, Basima Tewfik, chercheuse au MIT, a montré que les personnes qui avaient des pensées d’imposteur au travail devenaient plus tournées vers les autres. Chez des médecins en formation, les patients les jugeaient plus empathiques et plus à l’écoute.

Elle ajoute une nuance importante : ces pensées font baisser l’estime de soi. Il ne s’agit donc pas de les cultiver, mais de comprendre ce qu’elles protègent.

Exigences élevées et peur de l’erreur : deux choses différentes

Une méta-analyse publiée en 2025 (25 études, plus de 12 000 participants) a distingué deux choses que l’on confond souvent : avoir des exigences élevées, et avoir peur de l’erreur.

Vous pouvez garder la barre haute. C’est la peur qu’on peut laisser aller.

Quelles sont les causes du syndrome de l’imposteur chez ceux qui accompagnent ?

Chez les thérapeutes et les praticiens, le doute se nourrit surtout de cinq choses. Pour chacune, voici ce qu’en dit la recherche et comment notre formation y répond.

01La peur de mal faire, de nuire à l’autre

Quand on croit que tout repose sur nous, chaque séance devient un examen. Il faudrait savoir quoi dire, trouver la bonne réponse, ne jamais se tromper.

Notre réponse

En hypnose spirituelle, telle qu’on la pratique, ce n’est pas le praticien qui dit à la personne ce qu’elle a besoin d’entendre pour changer. Les conseils proviennent toujours d’une Intelligence sage chez la personne, que ce soit son Moi supérieur ou ses Guides. Le praticien tient le cadre, mais il n’a pas à avoir toutes les réponses. Pour quelqu’un qui a peur de mal faire, ça enlève un poids immense.

02Des compétences qui n’ont jamais été validées sérieusement

Souvent, on ne se sent pas légitime parce que personne de compétent n’a vraiment observé notre travail. Une certification obtenue rapidement ne suffit pas à faire taire le doute.

Ce que dit la recherche

Plus de 4 000 psychothérapeutes de plusieurs pays placent la supervision parmi les trois influences qui les ont le plus fait progresser (Orlinsky et coll., 2001).

Notre réponse

Les supervisions sont illimitées pendant un an. Vous êtes suivi dans le temps par un formateur qui apprend à vous connaître, et la certification ne s’obtient que lorsqu’il vous juge réellement prêt. Le regard d’un expert qui vous a suivi pendant des mois pèse bien plus lourd qu’un compliment.

03Ne pas bien comprendre ce qu’on fait, ni pourquoi

Quand on applique une technique sans comprendre ce qui se passe vraiment dans la séance, chaque imprévu devient une menace. On suit une recette, et on craint le moment où elle ne fonctionnera plus.

Ce que dit la recherche

Les chercheurs Thomas Skovholt et Michael Helge Rønnestad, qui ont suivi le développement de cent conseillers et thérapeutes, désignent le flou du travail d’accompagnement comme le principal déclencheur du stress chez les débutants. Parmi les sources de ce stress : ne pas avoir de « carte » pour comprendre ce qui se passe en séance (Skovholt et Rønnestad, 2003).

Notre réponse

La formation ne vous donne pas seulement des techniques : son approche pédagogique vous explique pourquoi on fait ce qu’on fait, le sens derrière les interventions, et lorsque possible, comment les neurosciences du changement et de l’apprentissage appuient le processus que l’on fait. Ceci vous donne confiance car quand vous savez où vous en êtes et pourquoi vous faites ce que vous faites, l’imprévu fait beaucoup moins peur.

04N’avoir jamais vécu le processus soi-même

Il est difficile d’être convaincu d’une approche qu’on n’a jamais vécue de l’intérieur en profondeur, plus qu’une ou deux fois. On accompagne l’autre vers un endroit où l’on n’est pas vraiment familier, et le doute s’installe.

Ce que dit la recherche

Dans la grande enquête d’Orlinsky, Botermans et Rønnestad (2001), plus de 4 000 psychothérapeutes ont évalué ce qui les avait fait progresser. Leur propre thérapie personnelle arrive parmi les trois influences les plus fortes, avec le travail auprès des clients et la supervision. Ce sont leurs perceptions, pas des résultats mesurés, mais elles se ressemblent beaucoup d’un pays et d’une approche à l’autre.

Notre réponse

Pendant la formation, vous vivez vous-même de nombreuses séances comme sujet (au moins 11 séances). Vous savez ce que ressent la personne que vous accompagnez, vous profitez vous-même des bienfaits de l’approche, et vous pouvez parler du processus en connaissance de cause.

05Le manque de pratique

La confiance ne vient pas d’un diplôme. Elle se construit naturellement, séance après séance, quand on constate par soi-même ce qui se passe réellement. Sans cette pratique, le doute a toute la place.

Ce que dit la recherche

Dans l’enquête d’Orlinsky et coll. (2001), le travail direct avec les clients arrive au premier rang de ce qui fait progresser les thérapeutes, bien devant les cours et les lectures. Chez des stagiaires en counseling, le sentiment de compétence augmente pendant le stage, et c’est le travail avec de vrais clients qu’ils jugent le plus utile (Ikonomopoulos et coll., 2016, auprès de 11 étudiants). Le psychologue Albert Bandura parlait d’« expériences de maîtrise » : la confiance vient d’avoir réussi soi-même.

Notre réponse

C’est pour ça que notre formation fait une si grande place à la pratique : un minimum de 16 séances en tant que praticien, et 4 comme observateur. Vous terminez la formation avec une vraie expérience des séances.

Une praticienne accompagne une séance d'hypnose spirituelle

Comment surmonter le syndrome de l’imposteur et s’en libérer ?

Il n’existe pas encore de méthode prouvée, mais quatre pistes vont dans le bon sens : accumuler de l’expérience vécue, garder des traces, en parler, et pratiquer l’autocompassion.

Je vais être honnête : en 2020, la revue de Bravata et coll. n’avait trouvé aucune étude publiée qui évalue un traitement du syndrome de l’imposteur. Personne ne peut donc vous promettre une solution miracle. Voici ce qui peut vous aider dès aujourd’hui :

  • L’autocompassion. Dans l’étude de Clarke et coll. (2026), plus les étudiants faisaient preuve d’autocompassion, moins le sentiment d’imposteur était fort. Cette étude montre un lien, pas encore une cause.
  • Garder des traces. Le doute oublie facilement un bon souvenir, mais il résiste moins à une trace écrite. Notez les retours et les transformations que les personnes vous rapportent.
  • En parler. À un collègue, à un superviseur, à quelqu’un qui pratique aussi.
  • Pratiquer, encore. Chaque séance vécue est une preuve que le doute aura plus de mal à balayer.

Quand consulter un professionnel ?

Si votre doute s’accompagne d’une détresse qui dure, parlez-en à un professionnel de la santé.

Le sentiment d’imposteur va souvent de pair avec l’anxiété et la dépression (Bravata et coll., 2020). Il n’y a aucune honte à se faire aider : c’est exactement ce que vous offririez à quelqu’un d’autre.

Questions fréquentes

Comment savoir si on a le syndrome de l’imposteur ?

L’outil le plus connu est l’échelle de Clance (CIPS), publiée en 1985. C’est un outil de recherche, pas un diagnostic. Si vous vous reconnaissez dans les signes décrits plus haut, c’est déjà une bonne indication.

Peut-on guérir du syndrome de l’imposteur ?

On ne « guérit » pas d’un sentiment, parce que ce n’est pas une maladie. On peut toutefois apprendre à le reconnaître et à ne plus le laisser décider à sa place.

Quels sont les 5 types de syndrome de l’imposteur ?

Cette typologie vient d’un livre grand public de Valerie Young publié en 2011 (The Secret Thoughts of Successful Women), pas d’une classification scientifique. Elle décrit cinq façons de définir la compétence : le perfectionniste, pour qui la moindre erreur remet tout en question; l’expert, qui doit tout savoir avant de se sentir prêt; le génie naturel, qui croit que ce qui demande un effort prouve qu’il n’est pas doué; le soliste, pour qui demander de l’aide serait un aveu d’imposture; et le surhumain, qui doit exceller dans tous ses rôles à la fois. La plupart des gens se reconnaissent dans plusieurs types. Elle peut aider à se reconnaître, sans plus.

Douter de soi fait-il de nous un moins bon thérapeute ?

Pas nécessairement, au contraire. Une étude norvégienne a suivi 70 thérapeutes et 255 de leurs patients : ceux qui doutaient de leur travail tout en se traitant eux-mêmes avec bienveillance obtenaient de meilleurs résultats (Nissen-Lie et coll., 2017). Les chercheurs le résument ainsi : s’aimer comme personne, douter de soi comme thérapeute. Le doute devient un problème seulement quand il se retourne contre vous.

Vous n’êtes pas un imposteur.
Vous êtes quelqu’un qui prend son rôle au sérieux.

Jean-Charles Chabot, fondateur de l'Institut international d'hypnose spirituelle

L’hypnose spirituelle est-elle faite pour vous ?

Si cet article vous parle et que vous vous demandez si l’hypnose spirituelle est faite pour vous, je serai heureux d’en discuter avec vous. Une rencontre de 30 à 45 minutes permet de voir ensemble si notre approche est alignée avec votre parcours.

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Chaleureusement,
Jean-Charles

Sources

  1. Clance, P. R. et Imes, S. (1978). The Imposter Phenomenon in High Achieving Women. Psychotherapy: Theory, Research and Practice, 15(3). Lire
  2. Bravata, D. M. et coll. (2020). Prevalence, Predictors, and Treatment of Impostor Syndrome. Journal of General Internal Medicine, 35(4). Lire
  3. Clarke, Hartley et Guida (2026). Self-Compassion as a Buffer. The Professional Counselor, 16(1). Lire
  4. Tewfik, B. (2022). The Impostor Phenomenon Revisited. Academy of Management Journal. Résumé du MIT
  5. Hill, A. P. et Gotwals, J. K. (2025). A meta-analysis of multidimensional perfectionism and imposter phenomenon. Journal of Research in Personality, 118. Lire
  6. Orlinsky, D. E., Botermans, J.-F. et Rønnestad, M. H. (2001). Towards an empirically grounded model of psychotherapy training. Australian Psychologist, 36(2), 139-148. Lire
  7. Skovholt, T. M. et Rønnestad, M. H. (2003). Struggles of the Novice Counselor and Therapist. Journal of Career Development, 30(1), 45-58. Lire
  8. Ikonomopoulos, J., Vela, J. C., Smith, W. D. et Dell’Aquila, J. (2016). The Professional Counselor, 6(2), 161-173. Lire
  9. Nissen-Lie, H. A. et coll. (2017). Love Yourself as a Person, Doubt Yourself as a Therapist? Clinical Psychology & Psychotherapy, 24(1), 48-60. Lire
  10. Odoxa (juin 2025). Sondage sur le syndrome de l’imposteur. Lire
Image de Jean-Charles Chabot

Jean-Charles Chabot

Président-fondateur de l’Institut international d’hypnose spirituelle ainsi que de Hypnodio.com, Jean-Charles est habité d'une passion profonde : faciliter, à l'aide de l'hypnose, des expériences spirituelles porteuses de transformations positives et durables. Il collabore également avec divers intervenants experts pour mettre sur pieds des formations ayant comme but commun l'évolution de l'être vers davantage de sagesse et de mieux-être intérieur.

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